C'est la page blanche la plus redoutée du dossier MDPH — et pourtant la pièce que l'équipe d'évaluation lit avec le plus d'attention. Voici la méthode qui fonctionne, et des exemples pour démarrer.
Le projet de vie (partie B du formulaire Cerfa 15692, ou courrier joint) est le seul endroit du dossier où vous parlez. Les bilans décrivent des troubles ; le projet de vie décrit une vie. Son rôle : montrer les répercussions concrètes du handicap sur le quotidien, et relier chaque demande d'aide à un besoin réel. Un principe change tout : la MDPH n'évalue pas un diagnostic, elle évalue ce que la situation empêche de faire.
Le passé : d'où vous partez — l'apparition des difficultés, le parcours (bilans, prises en charge), ce qui a déjà été tenté. Quelques lignes suffisent.
Le présent : le cœur du texte. Décrivez une journée difficile type, du lever au coucher — pas une bonne journée, pas une moyenne : une journée difficile, car c'est pour elles que les aides existent. Et chiffrez tout : durées (« l'habillage prend 45 minutes avec de l'aide à chaque étape »), fréquences (« des réveils 4 nuits sur 7 », « 3 séances par semaine »), coûts restant à charge (« 240 € d'ergothérapie par mois, non remboursés »). Un fait chiffré pèse dix fois plus qu'un adjectif.
Le futur : ce que vous attendez, concrètement, en reliant chaque attente à une aide demandée en partie E : « pour qu'il suive sa scolarité, une aide humaine » ; « pour compenser la réduction d'activité de sa mère, l'AEEH et son complément ».
C'est normal : raconter les difficultés de son enfant ou les siennes est un exercice émotionnellement coûteux. Deux approches aident : partir de phrases toutes faites à adapter (c'est le principe de notre outil : vous cochez ce qui est vrai chez vous, le texte s'écrit, vous ajustez les chiffres), et faire relire par un proche qui connaît votre quotidien — il repérera ce que vous avez oublié à force de compenser.